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Caring for kids new to Canada

Guide pour les professionnels de la santé œuvrant auprès des familles immigrantes et réfugiées

La prévention des blessures non intentionnelles

Faits saillants

  • Les blessures chez les enfants et les adolescents représentent un problème de santé publique important, mais les données sur leur prévalence chez les jeunes nouveaux arrivants au Canada sont limitées.
  • Chez les enfants, les blessures sont fortement liées aux déterminants sociaux de la santé.
  • La plupart des blessures dont sont victimes les enfants peuvent être évitées. Au Canada, les entraves à la respiration et la suffocation (chez les bébés de la naissance à quatre ans) et les accidents de la route (chez les enfants et les adolescents de un à 24 ans) sont les principales causes de décès découlant de blessures non intentionnelles.
  • Il est essentiel de déterminer les facteurs de risque, les obstacles et les incitations aux blessures non intentionnelles pour élaborer des stratégies préventives efficaces.

Les blessures chez les enfants représentent un grave problème de santé publique dans le monde. Dans toutes les catégories de blessures non intentionnelles, à l’exception des brûlures causées par le feu, les garçons meurent plus souvent que les filles. Au Canada, les blessures représentent la principale cause de décès chez les enfants et les jeunes âgés de un à 19 ans.

Le fardeau des blessures chez les enfants et les adolescents immigrants et réfugiés

Selon une étude populationnelle réalisée en 2017 en Ontario, les taux de blessures non intentionnelles étaient plus faibles chez les jeunes immigrants que chez les jeunes nés au Canada. On n’en connaît pas les raisons, et les facteurs sociodémographiques qui permettent de prédire le risque de blessure dans la population générale ne s’appliquaient pas à tous les sous-groupes d’immigrants. Les autrices avancent que des différences de comportement de prise de risque et de sollicitation de soins pourraient entrer en jeu.

Les blessures et les déterminants sociaux de la santé

Certaines conditions sont propices aux blessures chez les enfants, y compris l’âge ou l’étape du développement, le genre et, tout particulièrement, la pauvreté et l’environnement. Les études démontrent que le risque de blessures par brûlure est plus élevé chez les personnes défavorisées sur le plan économique ou qui vivent dans des conditions de vie stressantes. Les récents immigrants sont plus susceptibles de faire partie des travailleurs à faible revenu que les Canadiens d’origine.

D’autres facteurs peuvent accroître le risque de blessure chez un enfant :

  • L’origine culturelle
  • L’âge et l’instruction de la mère
  • La situation économique
  • Les conditions de logement
  • Le logement surpeuplé
  • L’absence de supervision
  • Des précautions de sécurité insuffisantes
  • La méconnaissance du climat canadien
  • La méconnaissance des lois canadiennes en matière de sécurité et des avantages qui s’y rattachent (p. ex., sièges rehausseurs)

Malgré l’association claire entre les facteurs socioéconomiques et les risques de blessures pendant l’enfance, il n’existe toujours pas de mesures de prévention axées sur les enfants défavorisés sur le plan économique.

Les causes de blessures chez les enfants et adolescents nouveaux arrivants

Même si les causes de blessures chez les jeunes nouveaux arrivants au Canada sont peu répertoriées, les données mondiales et canadiennes en donnent un certain aperçu. Dans le monde, les principales causes de décès attribuables à des blessures sont les accidents de la route, les noyades, les brûlures, les chutes et les intoxications.

Tableau 1. Les principales causes de décès découlant de blessures non intentionnelles par groupe d’âge au Canada, de 2018 à 2023, n (%)

Moins d’1 an

De 1 à 4 ans

De 5 à 9 ans

De 10 à 14 ans

De 15 à 19 ans

Suffocation au lit

76 (54,7 %)

Noyade

103 (37,7 %)

Noyade

58 (28,7 %)

Noyade

42 (17,5 %)

Intoxication

555 (46,1 %)

Étouffement

34 (24,5 %)

Piéton*

52 (18,3 %)

Brûlures

39 (19,3 %)

Motoneige/VHR§

41 (17,1 %)

Occupant d’un véhicule automobile

254 (21,1 %)

Noyade

13 (9,4 %)

Étouffement

38 (13,4 %)

Piéton

32 (15,8 %)

Occupant d’un véhicule automobile

33 (13,8 %)

Noyade

97 (8,0 %)

Brûlures

5 (3,6 %)

Brûlures

27 (9,5 %)

Occupant d’un véhicule automobile

31 (15,3 %)

Intoxication

29 (12,1 %)

Motoneige/VHR§

75 (6,2 %)

Intoxication

5 (3,6 %)

Intoxication

17 (6,0 %)

Collision

11 (5,4 %) –Motoneige/VHR§

11 (5,4 %)

Piéton

25 (10,4 %)

Piéton

68 (5,6 %)

* Collision : Blessures causées par une collision avec un objet, une personne ou une surface
† Piéton blessé dans un accident de la route
‡ Occupants (passagers ou conducteurs) de véhicule automobile blessés dans un accident de la route
§ Conducteur ou passager blessé lors d’une collision en motoneige ou en véhicule hors route (VHR)

Source : Société canadienne de pédiatrie. La prévention des blessures chez les enfants et les adolescents du Canada : prévenir les préjudices, protéger des avenirs. Ottawa (Ontario); juin 2026

Tableau 2. Les principales causes d’hospitalisation découlant de blessures non intentionnelles par groupe d’âge au Canada, de 2018 à 2023, n (%)

Moins d’1 an

De 1 à 4 ans

De 5 à 9 ans

De 10 à 14 ans

De 15 à 19 ans

Chutes

1 987 (60,7 %)

Chutes

6 697 (53,4 %)

Chutes

10 397 (69,7 %)

Chutes

6 420 (47,4 %)

Chutes

4 877 (27,4 %)

Brûlures

406 (12,4 %)

Intoxication

2 235 (17,8 %)

Collision*

1 007 (6,8 %)

Collision*

1 939 (14,3 %)

Intoxication

2 927 (16,4 %)

Intoxication

348 (10,6 %)

Brûlures

1 537 (12,3 %)

Vélo

1 004 (6,7 %)

Vélo

1 442 (10,6 %)

Occupant d’un véhicule automobile

2 915 (16,4 %)

Étouffement

278 (8,5 %)

Collision*

598 (4,8 %)

Intoxication

603 (4,0 %)

Motoneige/VHR§

1 230 (9,1 %)

Collision*

2 486 (14,0 %)

Collision*

131 (4,0 %)

Natation

241 (1,9 %)

Brûlures

445 (3,0 %)

Intoxication

911 (6,7 %)

Motoneige/VHR§

1 495 (8,4 %)

* Collision : Blessures causées par une collision avec un objet, une personne ou une surface
† Vélo : Blessures subies à vélo
‡ Occupants (passagers ou conducteurs) de véhicule automobile blessés dans un accident de la route
§ Conducteur ou passager blessé lors d’une collision en motoneige ou en véhicule hors route (VRH)*

Source : Société canadienne de pédiatrie. La prévention des blessures chez les enfants et les adolescents du Canada : prévenir les préjudices, protéger des avenirs. Ottawa (Ontario); juin 2026

Scénario clinique : Une blessure évitable

Une nouvelle arrivante mère de cinq enfants doit travailler le soir. Sa fille aînée, qui a 11 ans, est responsable des quatre enfants plus jeunes. Alors que l’aînée préparait le souper sur un petit barbecue dans la cuisine, l’enfant de deux ans a tiré sur une casserole de soupe chaude qui se trouvait sur le comptoir. La casserole s’est renversée sur l’aînée et l’a gravement brûlée.

Points d’apprentissage

  • Cette blessure aurait peut-être pu être évitée si on avait aidé cette famille de nouveaux arrivants à obtenir du soutien communautaire, de l’argent et des gardiennes d’un âge approprié.
  • Les brûlures par un liquide chaud sont fréquentes dans la cuisine, lorsque les enfants renversent une substance chaude, ou dans la salle de bain, lorsque l’eau du robinet est trop chaude.
  • Les médecins devraient s’informer de la présence des dangers suivants auprès des familles de nouveaux arrivants et les leur déconseiller :
    • Les incendies et les brûlures causées par une unité de chauffage d’appoint à cause du chauffage insuffisant de la maison.
    • L’intoxication par le monoxyde de carbone à cause de l’utilisation de charbon de bois à l’intérieur.
    • Les brûlures causées par un chauffe-eau trop chaud. À la maison, le réglage maximal sécuritaire est de 49 °C (120 °F).
    • Les brûlures causées par une boisson chaude. Il faut mettre un couvercle sur les boissons chaudes en tout temps et tenir les boissons chaudes hors de la portée des enfants.
    • Les brûlures dont les enfants sont victimes dans la cuisine pendant la préparation des repas. Il faut interdire aux jeunes enfants l’accès aux parties de la cuisine situées près de la cuisinière et du four micro-ondes.

Ce que les prestataires de soins peuvent faire

⇨ Inclure la prévention des blessures dans leur pratique

Pour contribuer à prévenir les blessures chez les jeunes Canadiens, les prestataires de soins doivent connaître les facteurs qui rendent les enfants plus vulnérables, de même que les stratégies protectrices pour accroître leur sécurité.

La Société canadienne de pédiatrie (SCP) recommande que les prestataires de soins incluent des messages de prévention des blessures dans leur pratique. Il est particulièrement important de proposer des mesures préventives aux nouveaux arrivants, qui ne connaissent peut-être pas la règlementation canadienne en matière de sécurité, les pratiques habituelles ou les avantages de les respecter. Les règlements, les produits, les environnements et les attitudes diffèrent peut-être de ceux de leur pays d’origine. Par exemple, il est important de souligner que l’utilisation des sièges d’appoint et des sièges rehausseurs est obligatoire presque partout au Canada (même si les lois peuvent varier).

Les prestataires de soins devraient informer les familles d’immigrants et de réfugiés de l’importance des mesures préventives, comme les suivantes :

  • Utiliser un siège d’auto approprié, un dispositif de retenue pour enfant et la ceinture de sécurité en voiture.
  • Porter un casque de motocyclette et un casque de vélo.
  • Porter un vêtement de flottaison individuel.
  • Adopter des mesures de sécurité à la maison (p. ex., détecteur d’incendie, extincteurs et entreposage sécuritaire des substances toxiques).

Les relevés suivants orientent les prestataires de soins sur les conseils à donner en matière de prévention des blessures auprès de la population pédiatrique :

De nombreux nouveaux arrivants préféreraient recevoir des directives de prévention empreintes de sensibilisation culturelle dans leur langue maternelle, par petits groupes, par l’entremise d’organismes communautaires établis. Il faudrait favoriser l’inclusion de sujets liés à la prévention des blessures dans les cours prénatals et les cours de santé communautaires.

⇨ Distribuer de la documentation aux parents et aux proches

⇨ Comprendre les problèmes propres aux nouveaux arrivants

Les prestataires de soins doivent connaître les problèmes particuliers que peuvent affronter les nouveaux arrivants lorsqu’ils essaient de mettre les conseils de prévention des blessures en pratique. Par exemple :

  • Le fait de vivre dans un logement loué ou de partager le logement avec la famille élargie, si bien que les modifications à apporter pour des raisons de sécurité deviennent difficiles, sinon impossibles, à adopter
  • L’accès limité à des espaces de jeu sécuritaires ou à des espaces communautaires à l’extérieur
  • Le coût lié à l’installation de matériel de sécurité ou aux réparations (p. ex., l’installation de détecteurs de fumée)
  • L’isolement social et l’absence de famille ou d’amis pour garder les enfants
  • Les différences entre les normes de sécurité du pays d’adoption et celles du pays d’origine
  • La méfiance envers les autorités et la crainte d’accusations de négligence, qui peuvent empêcher les parents de s’informer des règles de prévention des blessures ou de solliciter des soins en cas de blessures non intentionnelles
  • La barrière de la langue

Tableau 3. Sommaire des incitations et des obstacles potentiels à la réduction des blessures à la maison

Niveau d’intervention

Incitations

Obstacles

Individuel

  • Information sur le développement de l’enfant
  • Tirer parti des efforts de protection continus de la part des parents
  • Apprentissage bidirectionnel des attentes culturelles en matière de bonnes pratiques parentales
  • Établissement de la confiance envers les autorités par l’éducation par les pairs
  • Enseignement des mesures de sécurité aux parents et aux enfants
  • Isolement social
  • Crainte d’accusations de violence ou de négligence
  • Mauvaise relation avec le conjoint ou le preneur de décision du ménage
  • Barrière de la langue

Physique et environnemental

  • Distribution de matériel durable et facile d’entretien
  • Aide possible des organismes communautaires aux familles de nouveaux arrivants pour acquérir du matériel de sécurité essentiel, comme des détecteurs de fumée, des casques de vélo et des barrières de sécurité
  • Soutien continu pour l’utilisation du matériel de sécurité
  • Méfiance envers les autorités
  • Peur des motifs réels des étrangers
  • Coûts réels et perçus

Externe et organisationnel

  • Lois rigoureuses en matière de sécurité
  • Liens entre les divers fournisseurs de services
  • Formation de membres de la collectivité à effectuer les interventions
  • Information et conseils empreints de sécurisation culturelle
  • Catalyseurs politiques et remise de ressources pour en assurer l’adhésion
  • Absence de contrôle au domicile
  • Logement de piètre qualité
  • Absence d’information ou information fournie au mauvais moment
  • Absence d’information dans de multiples langues

Source : Traduit et adapté avec l’autorisation de BMJ Group Limited. Smithson J, Garside R, Pearson M. Barriers to, and facilitators of, the prevention of unintentional injury in children in the home: A systematic review and synthesis of qualitative research. Inj Prev 2011;17(2):123.

⇨ Adopter une approche diversifiée de la prévention des blessures

La stratégie la plus efficace pour prévenir les blessures intègre des facettes de la santé publique comme l’amélioration et l’exécution des lois, une meilleure conception des produits et l’éducation.

De nombreuses données appuient l’adoption d’une approche nationale diversifiée de la prévention des blessures au Canada :

  • Une Enquête canadienne sur la santé des enfants et des adolescents a révélé que les traumatismes crâniens et les commotions cérébrales font partie des blessures les plus déclarées. Elles se produisent dans le cadre d’activités sportives, de jeux et d’activités physiques.
  • Les collisions en véhicule hors route (VHR) font partie des causes de graves blessures chez les enfants et les adolescents canadiens et sont responsables de 27 % à 35 % des décès connexes.

La majorité des blessures dont sont victimes les enfants et les adolescents peuvent être évitées. Les pays où le taux et la gravité des blessures subies pendant l’enfance ont diminué le plus font appel à un ensemble de démarches préventives.

Réviseuse(s)

Emilie Beaulieu, MD

Pamela Fuselli, M.Sc.

Mise à jour : mai, 2026